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mardi 3 mars 2015

SPEEDKRITIK 1119 "Coldwater" (2013) V. Grashaw




Un petit film sans budget sur l'univers carcéral des ados au U.S. Rien de nouveau si ce n'est l'arrivée d'un nouvel acteur surprenant (et une incroyable ressemblance avec R. Gosling) sur le devant de la scène. Pas désagréable, mais ce n'est surement pas la bombe que survend l'affiche et la B.A(ya encore du boulot au niveau de la réal) et cela n'arrive pas à la cheville de "King of devil's Island" (2010-SK659) de M. Holst et "Scum" (1979) en tous les cas moins pompeux et plus frontal que "Dog Pound" (2010-SK314) de K. Chapiron.



5 commentaires:

  1. Coldwater. Cas intéressant... Vincent Grashaw, le réalisateur, est loin d'être maladroit. Ses cadres sont soignés, sa mise en scène (un peu trop) propre, son choix d'acteurs inconnus assez excitant et son titre de film bien trouvé (on y voit très peu d'eau et il y fait une chaleur à crever). Reste un problème majeur : le scénario. Car si le film se veut une dénonciation du système des camps de redressement pour délinquants juvéniles (celui de Coldwater notamment), il le fait par le biais d'un personnage qui n'évolue pas (Brad Lunders interprété par P.J. Boudousqué) et d'un autre qui dévisse méchamment. Concernant le premier personnage, admettons qu'il évolue, mais l'ellipse qui intervient au milieu (ou peu s'en faut) du film escamote la métamorphose (ce qui est tout le contraire d'Un prophète de Jacques Audiard, qui n'est que la laborieuse et fascinante transformation d'une petite frappe en cerveau criminel). Ici, dans Coldwater, l’ambiguïté du surplace subsiste jusqu'à la dernière image. Lunders n'est pas un mauvais bougre, mais son indiscipline et son trafic de stupéfiants le conduisent en camp de redressement. Loin d'être borné, il apprend les règles nouvelles qui s'imposent douloureusement à lui. Dans un premier temps, il tente d'y échapper et échoue. Dans un second temps, il feint une obéissance rigoureuse et détruit le système de l'intérieur (déjà fragilisé dans la première partie). Or l'ellipse qui coupe le filme en deux dépossède le spectateur de la transformation. Lunders passe soudainement du rôle d'insoumis à celui de gardien du temple, mais de cela nous ignorons tout. Dans le même temps, Reichert, le fondateur du camp (dont l'acteur a parfois une troublante ressemblance avec Ed Harris) passe de l'instructeur inflexible mais attentif à un alcoolique en chute libre (tiens ? sa femme s'est barrée avec son prof de yoga et son fiston s'est suicidé avec une arme à feu, bref du très lourd même pour un ancien Marine) doublé d'un meurtrier (son système de valeur bascule cul par-dessus tête : il devient ce qu'il tente de « recadrer »).

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  2. Évolution fort trouble pour Lunders, il accède à une forme de rédemption : son stratagème permet de faire éclater la vérité sur les méthodes on ne peut plus brutales utilisées dans le camp ; il accède aussi à une forme supérieure de violence : du trafic de stupéfiants au meurtre. Or la mise en scène reste floue et imprécise quant à son évolution morale : fin de la première partie du film, Lunders est assis à l'arrière de la voiture de police derrière la grille. Le plan montrant le barbelé de Coldwater surligne son retour à la case départ (genre tu-vas-en-baver-petit). Quelques minutes plus tard, Reichert lui inflige une sévère bastonnade. Fin du film, Lunders est de nouveau assis à l'arrière de la même voiture de police, cette fois la grille qui le sépare du conducteur a disparu : il est donc libre, enfin le suppose-t-on. A ce moment-là, il sort la croix que portait son père (croix dont le cheminement vaut son pesant de cacahuètes, mais ceci est une autre histoire) et la met autour de son cou : croix symbolisant ses péchés passés avec lesquels il lui faudra vivre désormais ? souvenir du paternel qui lui permet de se penser désormais comme adulte ? accessoire chrétien fourre-tout ? Le mystère restera entier puisque voici déjà le générique de fin qui défile. Mais qu'en est-il du personnage ? D'orphelin (son père est décédé) en rupture de ban (il ne peut supporter l'homme que fréquente sa mère) et donc d'enfant turbulent, il accède au statut d'adulte en tuant le père de substitution, Reichert (désolé, je sais, je vous raconte un peu la fin), de manière littérale. D'une impasse tombant dans une autre impasse, Lunders ne permet pas l'identification et reste pour nous assez impénétrable (et le masque de P.J. Boudousqué y est aussi pour beaucoup) quant à ses motivations. Si le film a pour but de nous montrer que la violence engendre la violence et que soigner le mal par le mal conduit inévitablement au mal, eh bien soit. Mais c'est un peu court. Scum d'Alan Clarke était bien plus sobre et efficace en ne sortant jamais du cadre carcéral (pas de flash-backs et pas de détails explicatifs du oh-mon-dieu-pourquoi-cet-enfant-a-donc-si-mal-tourné ?) et reste donc à ce titre un monument du genre. A voir si Coldwater vous a laissé sur votre faim.

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  3. Désolé... ça fait plus de cinq lignes, mais le film m'a laissé un certain malaise (d'autant plus qu'il a été salué partout comme exceptionnel).

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  4. :-)))))
    ben mon Jerome, t'es en colère ?
    tout a dait d'accord avec toi, et en plus cours…perdez pas votre temps avec ce film , allez direct to "Scum" la bombe absolue.

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